This is the story of 3 Friends from 3 different countries who enjoy sharing their love for scrapbooking with their readers.
Voici l'histoire de 3 Copines vivant dans 3 pays différents qui vous donnent rendez-vous chaque mois pour partager leur passion du scrap...

17 octobre 2012

Photo animalière II


Bonjour,

Aujourd'hui, nous avons le plaisir de retrouver Estelle pour la deuxième partie de son article consacrée à la photographie. Si vous n'avez pas d'animal à la maison, bien souvent, vous n'avez pas besoin d'aller très loin pour trouver des créatures intéressantes à photographier.... Mais je laisse la parole à Estelle:

II. ANIMAUX SAUVAGES
Un point sur le matériel
Il va surtout dépendre de votre budget et du rapport de rapprochement ou d'agrandissement que vous attendez. Avec de petits moyens, vous pouvez vous tourner vers compacts et bridges à condition que l'appareil possède un mode « macro » pour la photo de proximité et un zoom suffisamment puissant pour les photos à distance. Vous pouvez compléter ce matériel par des accessoires pour la macrophotographie: les bonnettes, des sortes de loupes qu'on fixe à l'appareil soit par kit (avec un adaptateur) soit grâce à la présence d'un pas de vis de diamètre équivalent; vous obtenez ainsi un rapport de grossissement intéressant pour prendre en photo insectes, fleurs, gouttes... Les inconvénients majeurs de ces appareils sont la qualité de leurs optiques, la petite taille des capteurs et la mise au point, plus ou moins précise et automatique. De plus vous devrez souvent focaliser sur des sujets à mobilité réduite et plutôt par beau temps.
Le reflex de son côté est polyvalent mais relativement onéreux d'autant qu'il faut y adjoindre les optiques nécessaires: un téléobjectif fixe ou zoom (une focale de 200-300mm maximum est un minimum si on ne fait pas d'affût) pour la photo à distance ou un objectif macro pour la photo à fort grossissement. Si vous possédez déjà un reflex et un objectif standard (comme un 17 ou 18-55mm par exemple) vous pouvez, pour la macrophotographie, y joindre un set de bagues-allonge: des anneaux d'épaisseur plus ou moins importante qui se placent entre le boîtier et l'objectif et viennent grossir l'image. Bien moins cher qu'un objectif, ce système permet de découvrir la macrophotographie à « petit » prix.

Patience, observation, connaissance
La patience est la principale des vertus dont vous aurez besoin: d'elle découlera tout le reste. Car il n'y a rien de plus imprévisible qu'un animal sauvage même s'il peut être habitué à la présence humaine. La patience vous sera nécessaire aussi quand vous apprendrez à observer autour de vous pour dénicher des animaux qui savent extrêmement bien se camoufler. Pour les insectes, rapprochez-vous du sol, des fleurs, des fruits, des écorces... faites « un retour à la terre »! Regardez parfois au dos des feuilles, sous une fleur, au niveau des racines: les cachettes sont nombreuses. Apprenez ou réapprenez à découvrir votre environnement que ce soit à la campagne ou à la ville: il va vous apporter les connaissances nécessaires à vos prochaines prises de vue. Plus vous connaissez votre environnement, plus vous connaissez les animaux qui le peuplent, plus vous connaissez leurs habitudes et mieux vous pourrez anticiper: savoir où vous rendre pour voir tel animal et à quel moment de la journée, comment il peut réagir. C'est un travail de longue haleine mais qui est joliment récompensé à force de persévérance. Évidemment, vous adapterez en fonction de votre temps libre et de votre tempérament.

Chaque habitat est peuplé différemment par des espèces plus ou moins habituées à l'homme et à des concentrations variables. En milieu urbain, certains animaux sauvages mais familiers vous seront plus faciles à approcher que s'ils se trouvaient en pleine forêt ou à la campagne: tirez-en parti. Si vous aimez les animaux, tous les sujets seront bons: du pigeon au corbeau, du canard au moineau, du goéland à l'écureuil... Quelques exemples de milieux et leur faune: milieu urbain, parcs et jardins (oiseaux divers, écureuils, hérissons, insectes variés selon la flore). Eaux stagnantes et cours d'eau: canards, cygnes, hérons, flamants roses, tortues... Bord de mer: goélands, mouettes, cormorans, oiseaux migrateurs, parfois otaries. Certains animaux demandent de faire de l'affût soit parce qu'ils vivent profondément dans leur milieu soit parce qu'ils craignent trop l'homme et/ou qu'il sont essentiellement nocturnes. Le meilleur moment pour espérer les apercevoir est donc de privilégier le petit matin ou la toute fin de journée, au crépuscule donc. Pour optimiser vos chances de photographie, je vous invite à vous concentrer sur les oiseaux à la saison froide et sur les insectes à la saison chaude ainsi que sur les parcs zoologiques...


Oiseaux en automne-hiver, insectes au printemps-été

A moins d'avoir la chance d'être dans un milieu où les animaux sont là toute l'année sans exception, vous aurez bien plus de chance de débusquer un oiseau en hiver et un insecte en été que le contraire! Les raisons sont simples: à l'arrivée de l'automne, alors qu'une partie des mammifères entame son hibernation, les arbres, eux, se dénudent, empêchant les oiseaux de bien se cacher. Et puis la nourriture se fait plus rare et certains deviennent bien plus audacieux. Si on excepte les animaux typiquement urbains, la majorité des oiseaux devient plus difficile à observer en saison chaude. En revanche, chez les insectes dès le printemps ça foisonne! Abeilles, guêpes, papillons, sauterelles, punaises... Et aussi d'autres bestioles comme arachnides et escargots: vous n'avez que l'embarras du choix pourvu qu'ils aient végétal, soleil et eau à leur portée!

Précautions
Avant de poursuivre renseignez-vous bien sur les zones et les périodes de chasse en zone rurale; un accident est malheureusement bien vite arrivé! Ensuite, soyez respectueux de la faune mais aussi de la végétation: de la discrétion (c'est dans votre intérêt). Ne manipulez pas si possible les insectes, reptiles et autres arachnides ou à vos risques. La plupart des insectes sont inoffensifs mais s'ils se sentent menacés ils peuvent avoir des réactions imprévisibles donc dans le doute, abstenez-vous. En cas de manipulation, veillez à laisser l'animal dans son milieu. Enfin, si jamais vous trouvez un animal blessé, vous pouvez contacter l'antenne LPO de votre département s'il s'agit d'un oiseau ou un Centre de Faune Sauvage.

Approche
Qui n'a pas en mémoire ces personnes qui nourrissent au grain les pigeons des grandes villes ou qui distribuent du pain aux canards du plan d'eau voisin? (je vous invite à ce propos à lire cet article important sur le nourrissage au pain). Ces pratiques attirent les animaux, vous pouvez profiter de cette aubaine pour faire vos clichés mais vous pouvez aussi vous en inspirer si vous possédez un jardin ou une terrasse. Ainsi en hiver, plus particulièrement, il est possible d'installer, en prenant soin de bien la sécuriser contre les prédateurs, une mangeoire où vous disposerez de la nourriture pour les oiseaux. Ce point stratégique va vous permettre de les attirer et de pouvoir les observer puis les prendre en photo grâce au téléobjectif ou au zoom. Comme je n'ai pas la possibilité de tester cette technique faute de jardin, je vous invite à consulter cet excellent article: photographier les oiseaux au jardin.
Vous pouvez aussi installer des nichoirs adaptés (voir chez la Ligue de Protection des Oiseaux) et laisser la nature faire son chemin notamment en limitant l'usage d'engrais et de pesticides chimiques (souvent au détriment des insectes et de ceux qui s'en alimentent). Pour attirer également les insectes, non seulement il existe aujourd'hui des refuges (ou hôtels à insectes) mais si vous avez la main verte vous pouvez aussi planter des végétaux qui vont les attirer comme les fleurs à papillons.

I

Si vous n'avez ni jardin ni terrasse comme moi, il va vous falloir mettre vos chaussures de marche et partir à la recherche de tout ce petit monde. N'allez pas trop vite et marquez quelques temps d'arrêt pour examiner la végétation; un chant d'oiseau peut vous guider ou la stridulation d'un insecte, une forme étrange, une couleur inhabituelle. Une fois votre sujet repéré, faites-vous le plus petit possible, bougez le moins possible. Certains oiseaux sont tellement farouches que vous aurez beau « geler » votre geste, ils ne s'approcheront plus de vous à moins de nombreux mètres! Parfois les plus téméraires reviennent (le cas des geais qui peuvent être extrêmement méfiants par moments et par d'autres beaucoup trop absorbés par leur récolte de graines ou de brindilles pour penser à s'enfuir). En terme de réglages, si vous utilisez un téléobjectif, prévoyez une vitesse adéquate pour éviter le flou de bougé: celle-ci devra être plus rapide que 1 divisé par la focale utilisée. Par exemple si je suis à 200mm, il faudra que j'emploie une vitesse supérieure à 1/200ème de seconde. En cas de mode automatique, priorité à la vitesse avec les modes « sport » ou « animaux » (suivant les appareils).
Avec les insectes l'approche est similaire: une fois repérés, restez calme et déplacez-vous très lentement. Quand les insectes sont très occupés, leur attention se relâche un peu, vous pouvez en profiter pour vous rapprocher à pas de loup ou alors rester à bonne distance et prendre une photo de l'insecte dans son environnement! Là aussi, une vitesse élevée sera utile pour la prise de vue si vous n'êtes pas très stable...

Petites astuces: les oiseaux sont vite très actifs dès l'aube. Les insectes diurnes eux sont un peu plus léthargiques au lever et au coucher du soleil, notamment les papillons de jour qui ont besoin de soleil pour recharger leur batterie. Ils sont donc beaucoup moins remuants. L'inconvénient c'est qu'il est plus difficile de repérer un insecte immobile: seules des couleurs tranchantes avec la végétation et une grande attention vous aideront à les débusquer. Les lézards aiment également le soleil; ils ont tendance à fuir mais si vous vous faites immobiles et discrets ils reviennent parfois sur la même zone ou à peine plus loin: c'est réellement une affaire de patience! Avec le temps vous apprendrez jusqu'à quelle distance vous pouvez vous approcher d'un animal type.

Stabilité
Veillez à bien prendre en main votre appareil, quel qu'il soit. Tenez le fermement à deux mains et prenez un maximum d'appui, en variant les positions si possible: aidez-vous des genoux, des coudes, des bras, accroupi, en tailleur, sur le ventre, sur le dos (!), en vous servant d'un tronc, d'un muret, du sol... Ça peut-être un exercice difficile si vous n'avez ni l'habitude de porter un objectif lourd (le cas pour ceux des Reflex) ni celle de vous contorsionner mais il n'y a pas toujours le choix, surtout si vous photographiez l'infiniment petit au ras du sol ou des oiseaux haut perchés. Certains photographes vont utiliser un trépied pour gagner en stabilité: si votre objectif ou votre appareil est stabilisé et que vous ne tremblez pas trop, que votre sujet n'est pas hyper mobile, c'est inutile ! De plus, un trépied est assez encombrant et fait... perdre en mobilité! Avant de déclencher, si vous utilisez la mise au point automatique (autofocus) refaites plusieurs fois la netteté car le corps a un mouvement de balancier qui fait très vite perdre la mise au point si vous ne déclenchez pas assez rapidement: on préconise de déclencher entre deux battements de cœur et en apnée de 3 secondes. Méfiez-vous également de l'écran de visionnage des compacts et bridges: on a tendance à bouger un poil trop tôt, ce qui occasionne des photos floues.

Cas particulier des parcs zoologiques et aquariums
Quand on n'a pas la possibilité d'aller aux quatre coins du monde pour découvrir des espèces exotiques voire même nationales dans leur milieu naturel, il reste en dernier recours les parcs et réserves zoologiques ou encore les aquariums. Malheureusement, tous les établissements ne se ressemblent et ne se valent pas.

Choix du parc et approche photographique
On peut très bien passer ainsi du parc aux enclos les plus exigus, mal entretenus et surpeuplés à de grandes étendues appelés un peu exagérément « réserves » mais qui présentent l'avantage (qui peut aussi être un inconvénient) de proposer de voir des animaux plus à l'aise dans l'espace dans lequel ils évoluent et donc souvent plus à l'aise dans leurs « pattes » tout simplement! Dans les petits enclos, vous aurez non seulement à gérer toute la clôture (qui sera donc en avant plan et en arrière plan s'il y a peu de végétation) mais aussi la promiscuité des animaux par rapport à cette clôture. L'astuce que je vais vous indiquer plus bas pour faire « fondre » le grillage dans le décor ne pourra pas toujours être bien mise en pratique dans des lieux aussi confinés. A l'inverse, les grands espaces vont vous obliger à patienter jusqu'à ce qu'un animal veuille bien s'approcher suffisamment pour la prise de vue, si toutefois vous avez la chance d'avoir l'animal dans votre champ de vision.

Grillage, barrière et autres vitres
Le premier souci de la photo de zoo ce sont ces obstacles qui assurent à la fois notre sécurité et celle des animaux. Pour les grillages, vous arriverez à les faire « fondre » dans l'image plus aisément en vous servant d'un minimum de technique: focale longue ou zoom (100mm voire bien plus surtout si l'animal est petit) et petite ouverture (jusque f/2.8 par exemple, f/4-5,6 en moyenne suffisent bien souvent). Ces deux aspects combinés vont faire en sorte de diffuser les traits des grilles. Vous aurez peut-être besoin d'une mise au point manuelle, les compacts seront donc désavantagés pour la plupart (sauf autofocus d'excellente qualité). Quand c'est insuffisant comme sur la photo ci-dessous, vous voyez encore le grillage...


 La photo ci-dessus a été prise exceptionnellement au flash car le pigeonnier était trop sombre mais elle a révélé la présence du grillage qui crée une trame sur l'image...


 Sur cette photo-ci en revanche, avec des réglages identiques mais un léger déplacement, plus de trame. Effacer les obstacles dépend essentiellement d'une part de réglages mais aussi du placement par rapport à l'obstacle et à la direction de la lumière. Ça ne marche pas toujours aussi il ne faut pas hésiter à tourner autour de son sujet. Ici j'étais pratiquement en face, il y avait ainsi moins de surface de grille à « effacer »

Vous pouvez aussi être confronté aux vitres qui peuvent vous mener la vie dure. Si vous êtes dans un terrarium ou un aquarium en principe la lumière est douce ou faible, ce sont les enclos eux-mêmes qui sont les mieux éclairés. L'usage du flash est ainsi inutile voire fortement déconseillé: d'une part vous pouvez effrayer l'animal et de l'autre, la surface vitrée va réfléchir la lumière, vous n'aurez donc pas forcément grand chose sur votre cliché. Pour prendre vos photos vous allez donc devoir compter sur des modes automatiques « nuit », « photo sans flash » ou des réglages de grande ouverture pour compenser la vitesse et le manque de luminosité; le trépied n'est pas toujours bien accueilli aussi renseignez-vous bien avant vos séances.

Que faire des reflets? Si vous utilisez un compact: peu de choses si ce n'est de choisir bon angle (étudier comment la lumière se reflète sur la surface et se déplacer en fonction) et cadrage adéquat pour éviter le reflet, ou faire en sorte que celui-ci ne soit pas trop disgracieux; c'est valable aussi pour les autres APN. Les appareils plus perfectionnés pourront adapter à leur objectif un filtre polarisant qui va atténuer les reflets à condition d'être à bonne distance de la surface vitrée et d'utiliser un zoom pour se « rapprocher » de l'animal. Attention: le filtre polarisant réduit la luminosité de l'objectif il faudra donc réajuster les réglages déjà délicats dans des lieux aussi sombres. Enfin, il va parfois falloir traiter votre cliché sous logiciel graphique afin de retrouver les couleurs naturelles déformées par la vitre. 


Les mêmes règles qu'ailleurs...
En parc zoologique aussi, prenez votre temps, soyez patient! Apprenez à observer les animaux à différentes heures, vous découvrirez ainsi leurs habitudes et des interactions qui vous permettront de fixer au mieux leur caractère unique. Si vous avez un parc zoologique à proximité, n'hésitez pas à revenir plusieurs fois notamment aux premières heures d'ouverture ou avant fermeture pour une lumière plus belle. Aidez-vous du décor disponible: s'il est fait de végétaux, servez-vous-en; si l'enclos est peu ou « mal meublé », privilégiez le portrait plutôt que la « photo de groupe ». Vous pouvez aussi pousser l'audace à faire des gros plans sur: une main (primates), une texture (peau de crocodile), un graphisme (rayures des zèbres, mosaïque de la girafe), des yeux, etc. Votre créativité n'a pas de limite!

Pour pousser plus loin l'apprentissage, je vous conseille les lectures suivantes:
  • Blog Aube Nature (Cédric Girard): photo animalière, studio et essentiellement à l'affût; aussi un livre « Photo Animalière 2e Edition », incontournable!
  • Blog Auxois Nature: photo animalière « à la billebaude » (sans affût), plein de conseils
  • Clément Wurmser: Macrophotographie, dont un livre sur la discipline La macrophotographie numérique chez Delachaux et Niestlé. Un photographe amateur de grand talent.
  • Des magazines: Image & Nature , Nat'Images


    Il nous reste à remercier Estelle pour l'énorme travail qu'elle a fourni. La plus belle récompense que vous puissiez lui offrir, c'est de vous précipiter maintenant sur vos appareils pour mettre ses conseils en pratique et de nous envoyer vos pages pour notre challenge mensuel Animaux!

6 commentaires:

Anonyme a dit…

très instructif, merci!
sécotine, la petite française

Céline M a dit…

super article, merci !!!

Timim a dit…

Article très instructif ! Merci à Estelle pour ses "cours" de photographie. Ne reste plus qu'à mettre en application...

Virginie a dit…

GENIAL!!!!!! Merci Estelle pour cet article très riche!!!
Encore un immense bravo!!!

xoxo

Patricia45 a dit…

bravo pour cet article très riche et si bien illustré!

Micha a dit…

J'aime beaucoup cette article sur la photographie. Très instructif. Merci encore. Amicalement.